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Etude La sous-traitance industrielle : chiffres et analyses

Publié le vendredi 23 mars 2018 |

GLOBAL INDUSTRIE dévoile à quelques jours de son ouverture, une étude exclusive sur la sous-traitance en Europe et en France, réalisée par Daniel Coué, consultant pour GLOBAL INDUSTRIE.

En 2017 - Le total des chiffres d’affaires des secteurs de sous-traitance industrielle dans le périmètre de l’ex-Europe des 15 s’élève à 431,1 milliards d’euros (soit une progression de + 4,00 %). Ce chiffre correspond aux activités de 259 647 entreprises, employant 3,4 millions de salariés directement affectés aux tâches de sous-traitance (équivalent temps plein). Ces effectifs sont en hausse de + 1,17 %. - Pour l’Europe des 28, la progression en valeur atteint 4,34 % (523,4 milliards d’euros). Et les effectifs se sont accrus de 1,69 % (4,8 millions de salariés).

Dans l’ensemble des pays européens, à de très rares exceptions, on observe en 2017 un net retour à la croissance. Ce mouvement de hausse s’est même accéléré au cours du second semestre. Ce qui explique les « bons chiffres » enregistrés dans la plupart des pays, notamment en France (voir la seconde partie de ce dossier). Globalement, les activités de sous-traitance industrielle ont progressé de 4 % dans l’ex-Europe des 15 et de 5,93 % dans les 13 nouveaux membres de l’Union Européenne.
Une belle croissance, donc ! D’autant plus réjouissante qu’elle contraste fortement avec le marasme de ces dernières années… Prudence quand même ! Car l’économie du Vieux Continent reste convalescente. Les séquelles, pourtant lointaines, de la crise de 2007 – 2009, n’en finissent pas de s’effacer. Les mesures de restriction budgétaire prises par les autorités des différents états empêchent l’avènement d’une reprise plus solide et d’une situation économique plus prévisible. Même si ces politiques tendent à s’assouplir quelque peu, les concours à l’économie sont encore très limités. Par ailleurs, les pressions fiscales demeurent élevées et conservent un caractère lénitif, voire récessif. Les hausses de matières premières et de l’énergie suscitent aussi l’inquiétude des industriels. La concurrence internationale s’accentue. Et la remontée progressive de la parité euro-dollar risque de peser sur la compétitivité à l’exportation des entreprises européennes.
Pour l’heure, ces phénomènes négatifs sont opportunément compensés par le redressement de la croissance mondiale, aux alentours de 3,5 % (6 à 7 % pour la production industrielle)... C’est elle, essentiellement, qui tire les performances économiques vers le haut.
Au final, notons que la sous-traitance européenne s’en tire assez bien… Et c’est ce qu’il faut retenir !
 
Les activités des secteurs de sous-traitance industrielle se sont accrues de 4 %, en 2017, dans l’ensemble des pays de l’ex Europe des 15 (y compris le Royaume-Uni qui fait encore partie de l’Union !). La Finlande caracole en tête, avec une progression de 5 %. Trois pays affichent des performances supérieures à 4,7 % : le Portugal, la France et la Suède. La plupart des autres sont groupés autour de la moyenne. Sauf le Royaume-Uni, la Grèce, le Luxembourg et l’Irlande dont les scores sont inférieurs à 3 %. 
 
Dans l’Union Européenne à 28 et l’Europe...
1°/ l’offre de sous-traitance des 13 nouveaux pays membres de l’Union Européenne (ligne 2). Soit, 92,33 milliards d‘euros. En totalisant les lignes 1 (UE 15) et 2, on obtient la mesure globale de la sous-traitance industrielle de l’Union Européenne (ligne 3), soit 523,41 milliards d’euros.
2°/ l’offre de sous-traitance de la Suisse et de la Norvège (qui ne sont pas membres de l’Union Européenne), reprise en ligne 4 (au total : 27,02 milliards d’euros). Le cumul des lignes 4 et 1, donne les valeurs globales de l’offre de sous-traitance pour l’ensemble de l’Europe de l’Ouest (ligne 5) : 458,10 milliards d’euros. Enfin, en additionnant les lignes 3 et 4, on calcule les activités de sous-traitance sur la totalité du périmètre constitué par l’UE 28 + la Suisse et la Norvège), soit 550,43 milliards d’euros.
On peut rassembler les différents taux de croissance observés en 2017, par rapport à 2016, comme suit :
UE 15 : + 4,00 %
13 « nouveaux membres » de l’Union Européenne : + 5,93 %.
UE 28 : + 4,34 %.
Suisse + Norvège : + 3,77 %.
Europe de l’Ouest : + 3,99 %
Total Europe : + 4,31 %
 
Enfin, comme chaque année, nous avons estimé la valeur des activités de sous-traitance dans l’« arc oriental de l’Europe ». Cette zone géographique comprend la Turquie et l’ensemble des ex-« pays de l’Est » (y compris les 13 nouveaux membres de l’UE), à l’exclusion de la CEI (Communauté des Etats Indépendants). Cette offre peut être évaluée, pour 2017, à environ 144 milliards d’euros. Ce qui correspond à une hausse de 6,1 %.
 
La sous-traitance en France: l'offre
En 2017 - Le total des chiffres d’affaires réalisés par les entreprises françaises de sous- traitance atteint 73,67 milliards d’euros, en hausse de + 4,76 % par rapport à 2016. - Les secteurs de sous-traitance industrielle comptent 31 054 entreprises de toutes tailles, employant 507 224 salariés (équivalent temps plein). Ces effectifs sont en hausse de + 1,60 %.
L’année passée, les activités des entreprises comptant 20 personnes ou plus se sont encore accrues, confirmant en cela la reprise amorcée en 2015 et en 2016. Cette progression est essentiellement liée à une amélioration sensible de la conjoncture internationale qui a bénéficié aux exportations directes des sous-traitants comme à leurs exportations indirectes, via les ventes à l’étranger des donneurs d’ordres. En dépit d’un léger ralentissement à la fin de 2016, la tendance s’est réaffirmée au premier semestre de 2017. Et surtout, elle s’est nettement amplifiée au cours des derniers mois de l’année. Ce qui explique que les résultats finaux soient sensiblement supérieurs à nos estimations précédentes.
 
Gardons-nous de qualifier ces chiffres d’« euphoriques ». D’autant qu’ils s’inscrivent dans un climat très imprévisible à long voire à moyen terme. Mais force est de constater qu’ils marquent une superbe embellie après les calamités et les cahots subis dans les années 2008 à 2014.
A mieux y regarder, on découvre une situation fortement contrastée selon les secteurs. Les moyennes ne disent pas tout ! Les chiffres méritent d’être analysés en détail. Ce que permettent les tableaux suivants.
Comme on peut le constater, l’amélioration a été plus lente dans certaines activités que dans d’autres. Mais les signes positifs dominent largement. Les meilleurs scores, tant en production qu’en chiffres d’affaires se rencontrent dans le découpage emboutissage, les traitements des métaux, la forge, la transformation des plastiques et la sous-traitance en électronique et électrotechnique. En revanche des secteurs comme les moules, modèles et outillages, les engrenages et sous-ensembles mécaniques, la transformation des élastomères ou le façonnage textile, s’inscrivent au-dessous de la moyenne générale.
 
Les prix… C’est justement l’autre bonne nouvelle de 2017 !
Pour l’ensemble de la sous-traitance industrielle, les prix de marché se sont légèrement accrus. La hausse atteint globalement 0,94 %, contre une baisse de 0,14 % en 2016 (voir tableau ci-dessous). Pas de quoi, s’extasier, certes ! Mais quand même. Là aussi, c’est une longue tendance qui s’inverse.
Deux raisons principales à cela :
1/ Avec la croissance, les capacités de production retrouvent des taux d’utilisation plus satisfaisant (84 % en moyenne) et donc, la concurrence tend à s’adoucir.
2/ Les hausses des prix des matières premières, réapparues depuis environ un an, ont pu être, en partie répercutées dans les prix de vente. Tous les secteurs et toutes les entreprises, ne sont pas, de ce point de vue, logés à la même enseigne. Les rapports de force avec les donneurs d’ordres, les capacités de négociation avec les fournisseurs de matériaux jouent un rôle clé. Vaste sujet !
 
En ce qui concerne les effectifs.
Nous ne disposons pas d’indicateurs détaillés, par secteur, relatifs aux effectifs. Nous devons donc procéder par estimations et recoupements à partir de données agrégées. Même difficulté pour l’évaluation des nombres d’entreprises.
La hausse des effectifs, amorcée en 2015, semble s’être prolongée en 2016 et 2017. Mais à un rythme qui reste faible : environ 1,3 % en 2016 et 1,6 % en 2017, inférieur, donc à celui des productions et des chiffres d’affaires.
Au total, donc, les effectifs des entreprises comptant 20 personnes ou davantage sont évalués à 395 645 salariés.
Précisons cependant qu’il s’agit là exclusivement des effectifs statutaires des entreprises (principalement CDD et CDI). L’intérim a vraisemblablement progressé beaucoup plus vite. Les entreprises y voient la possibilité de s’ajuster rapidement aux fluctuations de leurs marchés. Mais ce phénomène est mal pris en compte par les statistiques. L’intérim est un achat de service (location de personnel) comptabilisé en valeur dans la consommation intermédiaire… Pas facile de le convertir en nombres d’emplois !
Pour les entreprises de sous-traitance de moins de 20 salariés, les données sont calculées à partir de sources diverses, Insee et statistiques associatives, essentiellement. Ainsi, en 2017, le nombre de sous-traitants employant moins de 20 personnes peut être estimé à 25 236, leurs effectifs à 111 579 personnes et le cumul de leurs chiffres d’affaires à 13 412 milliards d’euros.
 
Après le « décrochage » de 2008 et 2009, consécutif à la crise des « subprimes », et le passage à vide de la période 2012 – 2014, lié aux politiques d’austérité appliquées en Europe, le retour à la croissance a permis aux volumes de production de retrouver le niveau de 2011 et de… 1998 ! Quant aux chiffres d’affaires, avec un indice de 117,8, ils atteignent à nouveau les scores de 2011 et de… 2001 ! Loin encore du point culminant de 2007… Rien de bien vertigineux, donc ! Mais on reste en progression. Et c’est cela qui compte.
 
Exportations
Dans une conjoncture économique mondiale plus favorable, les exportations industrielles se sont redressées sensiblement. C’est particulièrement vrai pour les biens intermédiaires et notamment pour les produits de sous-traitance. Leurs ventes à l’export ont progressé de près de 6 % par rapport à 2016, tandis que le marché intérieur s’accroissait d’un peu moins de 4,4 %. C’est ce qui explique que le taux d’exportation soit remonté à 28 % après le tassement de 2016 (27,7 %).
 
Néanmoins, toute médaille a son revers. Tout au long de l’année, la parité Euro/dollar s’est lentement relevée : 1,20 en moyenne comparée à 1,05 en 2016 (elle se situe actuellement à 1,23)… Cette évolution nuit par principe aux exportations puisqu’elle correspondant à une baisse du dollar, monnaie principale des échanges internationaux. En revanche, elle favorise les importations… C’est en effet ce qui s’est passé en 2017. Tandis que les exportations directes des entreprises de sous-traitance se développaient fortement, les importations s’accroissaient plus fortement encore. D’où la dégradation du taux de couverture (exportations / importations x 100). Cet indicateur est repassé sous la barre des 90 pour se fixer à 89,2 en 2017, contre 89,8 en 2016 et 91,2 en 2015. Ainsi, le marché français de la sous-traitance, déjà « importateur net » depuis près de trois décennies, le devient encore un peu plus…
 
La demande
En 2017, ce sont les secteurs de l’électronique, de l’automobile, de l’aéronautique, des matériels de génie civil et agricoles qui ont accru le plus significativement le niveau de leurs commandes de sous-traitance. En revanche, on observe encore des baisses dans le ferroviaire et les constructions électriques. Toutefois, la tendance apparait nettement positive : les commandes reçues sur le marché domestique progressent de 4,38 %, tandis que celles provenant des débouchés extérieurs sont en hausse de 5,76 %
D’où les évolutions constatées de la structure du marché, même si la « hiérarchie » des secteurs-clients ne s’en trouve pas modifiée. L’automobile, premier d’entre eux, continue sa remontée amorcée en 2014, après une longue période de baisse. A l’inverse, d’autres secteurs, comme le ferroviaire, le groupe des industries de process ou l’énergie, voient leur importance s’éroder.
 
Ces évolutions incitent globalement à l’optimisme. Avec la prudence qui convient ! Car, à bien les regarder, les chiffres apparaissent contrastés et confirment le caractère aléatoire de la reprise actuelle. Notre industrie reste ballotée aux vents de l’économie « mondialisée » et aux caprices de centres de décisions souvent exogènes. Elle profite cependant, sans conteste d’une croissance réelle et soutenue. Et la sous-traitance, de toute évidence, en bénéficie. C’est là l’essentiel…

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