Newsletter N°60 - Mieux que le vent : le CO2 !
Mieux que le vent : le CO2 !
Jusqu’à présent, les escrocs se contentaient de vous vendre du vent, de l’air, pour vous enfler. Ces six dernières années, des individus ont misé sur un autre gaz, désormais bien connu de tous : le CO2. L’idée, très simple, est née avec l’ouverture du marché des quotas de CO2. Vous savez : ces quantités fictives de gaz carbonique que les entreprises les plus polluantes peuvent acheter pour compenser leurs émissions. Ce marché étant régi par des règles différentes selon les pays, il était possible d’acheter des quotas exempts de taxes à l’étranger, en Hollande par exemple, et de les revendre en France, où il étaient soumis à la TVA.
Résultat garanti : 19,6% de bénéfice net, sans bouger un orteil.
En tout, ce seraient plus de deux milliards d’euros que ces escrocs au gaz carbonique auraient empoché, au lieu de les payer à l’Etat. Pas mal !
Depuis 2009, la combine est tombée, en France en tout cas, et les bandits sont progressivement confondus et punis. Mais l’arnaque a laissé beaucoup de malheureux sur le carreau. A commencer par l’Etat, pigeon de service, qui s’est fait dévaliser sans rien comprendre, et les acheteurs qui auraient pu négocier un sérieux rabais sur leurs achats de CO2. Les bandits, pour leur part, sont en cavale, en exil forcé à l’étranger (y’a pire comme punition), ou mort, pour certains, assassinés après avoir fréquenté de trop près de « vrais » bandits, des qui tuent les gens pour leur « vrai » argent.
Mais il y a une morale dans l’histoire. Car il y a aussi de vrais gagnants. Qui ? Les entreprises qui ont, dès 2005, investi dans des installations plus propres. En effet, celles-ci ont ainsi évité d’avoir recours à ces fameux quotas. Mieux, elles ont pu vendre des volumes de CO2 virtuel à d’autres acteurs… C’est plutôt chouette, non ?
J’ai quand même juste une question : combien de systèmes dépolluants peut-on subventionner avec deux milliards d’euros ?
A dans quinze jours
Jean-Sébastien