Newsletter N°3 - Quelle place pour le design en machine-outil ?

Quelle place pour le design en machine-outil ?

Publié le jeudi 24 juillet 2008 |

L'i-phone d'Apple fait des émules jusque là où on ne l'attend pas. Dans la machine-outil par exemple. Un rapide coup d'œil sur les gammes de quelques constructeurs suffit à s'en persuader.

La CTX Alpha 300 de DMGLa CTX Alpha 300 de DMGChez DMG, premier constructeur d'Europe, les dernières générations de centres d'usinages CTX adoptent des matières, des courbes, des textures qui font sans hésitation penser au téléphone d'Apple.

Le Cadman Touch de LVDLe Cadman Touch de LVDDans in tout autre domaine, le pliage, le dernier pupitre de commande numérique de presse plieuse de l'italien LVD, baptisé Cadman Touch, simplifie à l'extrême l'interface utilisateur et instaure la commande « au doigt », comme les dernières générations de téléphone et l'i-phone en particulier. Même son nom rappelle certains modèles de téléphones portables, fabriqués par le taiwannais HTC ! Il emploie pour cela une technologie infrarouge combinée à un PC sous windows XP.

L'AVIS D'UN EXPERT

Au-delà de ces deux exemples typiques, force est de constater que les efforts des constructeurs de machines en termes de design et d'ergonomie sont de plus en plus important. Afin de comprendre cette tendance, nous avons interrogé Olivier Frenoy, créateur de l'agence Concept Frenoy Design, connu dans le milieu du design industriel pour avoir, notamment, travaillé sur des machines-outils.

  

  

  

  

Sur quelles machines avez-vous travaillé ?

Dans la machine-outil, Concept Frénoy Design est intervenu sur la gamme Urane de Comau. Au-delà de l'approche purement esthétique, nous avons travaillé sur l'ergonomie et la fonctionnalité d'usage. Par exemple, la pente inversée de l'avant permet une meilleure intervention de l'opérateur au niveau de la zone de réglage. De plus cette pente affirme une signature spécifique de la gamme Urane et permet de bien différencier l'avant de l'arrière.

La définition d'un code couleur entre les Urane à moteur linéaires et celles à vis à billes renforce les modèles de la gamme. Sur l'Urane SX, nous sommes allés encore plus loin en créant une distinction formelle en accord avec l'architecture de la machine.

Nous retrouvons cette démarche pour SmartDrive, le dernier centre d'usinage de Comau qui vient de sortir.

Dans le monde industriel, le design et la technique sont-ils liés ?

Le designer ne fait jamais ce qu'il veut, il faut que sa démarche s'inscrive dans une solution d'entreprise, intégrant les contraintes marketing, techniques et de réalisation série.

Dans l'entreprise, le design est souvent géré par la R&D ou le BE, qui abordent d'abord l'aspect « technologique ». Notre rôle est de dépasser cette approche pour intégrer fonctionnalité, ergonomie, innovation et esthétique, par un dialogue constant avec ces personnes.

Au-delà de cette relation à instaurer, ces métiers sont bien liés. Pour preuve, le designer travaille avec les mêmes outils de conception, les logiciels de CAO, qui nous permettent de livrer en fin d'étude, les fichiers au format de leur choix.

Le designer est-il alors libre dans ses créations ?

Attention, le designer n'est pas là pour se faire plaisir mais pour intégrer des contraintes techniques et de séries. Il doit, par exemple, dessiner une carrosserie non complexe.

Lorsque l'agence a travaillé sur la Genymab 400 de Somab, nous devions répondre à un cahier des charges drastique au niveau des coûts et le design s'est accompagné d'une démarche d'analyse de la valeur afin de tenir cet objectif. Nous avons abouti à un cube incliné pour donner une signature à ce centre d'usinage, tout en restant dans des budgets classiques.

Le travail du designer se situe aussi dans le détail et les finitions,  poignées, pupitre, coloris, graphismes... Mais dans le cas d'une machine-outil, sa tâche consiste aussi à intégrer les contraintes d'étanchéités et des égouttures. En aucun cas il ne faut produire une machine qui fuit !

Le design touche-t-il uniquement le matériel ?

Depuis 5 ans, notre agence intervient aussi sur les interfaces homme machine (IHM). En particulier, nous avons beaucoup travaillé avec Thalès pour la mise en forme graphique d'écrans, d'applications logicielles et de pictogrammes.

Ce domaine a beaucoup d'avenir. Lorsque vous regardez l'i-phone d'Apple, son succès tient à son interface intuitive et à la grande qualité graphique de ses IHM.

Une autre tendance pousse les industriels à améliorer leurs IHM : ils conçoivent moins de produits mais plus de systèmes où la gestion des données sur écran joue un rôle essentiel. Nous sommes dans l'ère du « tout Windows ». Pour se démarquer, les constructeurs veulent trouver une signature visuelle et une qualité d'affichage des écrans qui assure une optimisation de leur gestion par les opérateurs. D'ailleurs, dans ce domaine technique, on ne comprend pas pourquoi de bonnes IHM seraient seulement réservées au grand public.

Le designer a toute sa place dans ce processus. Les programmeurs n'ont pas le savoir-faire dans ce domaine. En revanche, les designers ergonomes sont en mesure d'apporter un rôle prépondérant de conseil et de conception dans cette problématique.

Le surcoût de ces démarches est-il important ?

Le design a un coût, soyons réaliste, mais il ne faut pas croire qu'il est inabordable. Je dis toujours à mes clients qu'un moule d'injection coûtera toujours le même prix, avec ou sans design.

En premier lieu, on reconnaît toujours un produit « designée » par son ergonomie, sa fonctionnalité accrue, sa signature visuelle et sa séduction auprès du public. Le design enrichit le produit de manière induite. Et lorsque le produit est fini, on oublie très vite le coût engagé... Sur une machine-outil, il y a beaucoup de façon d'intervenir sans en augmenter le coût de fabrication ; en jouant sur les couleurs, sur les marquages et en utilisant des formes simples à fabriquer.

Cependant, la démarche de création design est toujours liée à la série envisagée et aux moyens d'obtention qui seront mis en œuvre.  

Enfin, il existe des aides de l'Etat pour ce type de prestations. Les aides FRAC permettent de financer jusqu'à 50% des prestations des agences de design.

Le design peut-il rivaliser avec le low-cost ?

C'est une question de stratégie d'entreprise. Faire de l'innovation sans design ne sert à rien, c'est prouvé. Mais l'innovation doit s'accompagner d'une mise en œuvre globale pour vendre le produit, et surtout, l'exporter. Le marketing et le service commercial ont un rôle prépondérant dans cette tâche, qui permettra d'envisager des séries plus importantes avec amortissement des outillages et baisse des coûts de revient. Tout est lié, regardez les chinois qui inondent le monde avec leurs produits de grande consommation !

Aujourd'hui, le designer a un rôle de catalyseur des besoins du marché, il anticipe avec l'entreprise la définition des futurs produits qui séduiront demain les consommateurs. Mais la France a encore beaucoup de travail à faire pour comprendre et intégrer cette démarche.

A la une

Publié le 24-07-2008 | A la une

Voila, nous y sommes, l'été est enfin arrivé. Les caprices météorologiques de ces dernières semaines auraient bien pu nous faire douter depuis le 21 juin, mais cette fois, plus de doute, le soleil est là.

Ce troisième numéro de la lettre de production-online.info marque donc une trêve estivale. Le temps pour nous, comme pour vous, de faire les bilans à mi-parcours, d'assurer la maintenance de nos installations, de repeindre nos ateliers et d'installer de nouveaux équipements. Et surtout, de recharger les batteries pour une rentrée qui s'annonce chaude.

Actualités en France et dans le monde

Publié le 24-07-2008 | Actualités en France et dans le monde

On vous l'avait promis le mois dernier, le voici enfin : l'indicateur symop des commandes de biens d'équipement destiné à vous aider à suivre chaque mois l'investissement de l'industrie manufacturière dans son outil de production.

Publié le 24-07-2008 | Actualités en France et dans le monde

siège de Mapal à Aalensiège de Mapal à AalenLe fabricant d'outil allemand Mapal Dr. Kress KG a vu son chiffre d'affaires atteindre 300 millions d'euros en 2007, contre 265 millions l'année précédente. Son effectif est, quant à lui, passé de 2700 personnes environ à plus de 3200 sur la même période. Depuis le début de l'année, son chiffre d'affaires aurait encore progressé de 13%. Profitant de cette tendance à la hausse, l'allemand, qui avait investi près de 25 millions d'euros en 2007, principalement pour la construction de son nouveau siège à Aalen (Bade-Wurtemberg), compte réinjecter cette année encore 40 millions d'euros dans ses équipements de production, notamment pour ses filiales Miller et Mapal WWS.

Publié le 24-07-2008 | Actualités en France et dans le monde

Le rebond de la machine-outil n'est pas une vue de l'esprit pour la filiale du constructeur japonais Makino. Alors que sa maison-mère accuse une légère baisse de son chiffre d'affaires mondial (-4% au 31 mars 2008, à 784 millions d'euros environ), Makino Europe (550 salariés sur un effectif mondial de 3700 personnes) a enregistré une progression de 30% sur la même période, avec des ventes s'élevant à près de 94 millions d'euros en 2007.

La moitié des ventes du japonais ont concerné des centres d'usinage horizontaux et 20% des machines verticales.

Pour 2008, les prévisions sont encore à la hausse pour la filiale européenne qui compte développer sa division Outils et Moules de Kirchheim, en Allemagne.

Publié le 24-07-2008 | Actualités en France et dans le monde

Fini le rythme effréné. Euro très fort face au dollar, prix des matières premières toujours très hauts, "après des années de vive croissance se dessine un apaisement", déclarait Thomas Lindner, le président de la VDMA du Bade-Wurtemberg, lors de la présentation de la dernière enquête de conjoncture de l'association. Pour autant, la situation est encore au beau autour de Stuttgart. Pour l'année 2008, les constructeurs de machines-outils du Land prévoient 8% de croissance de leur chiffre d'affaires, à 64 milliards d'euros, selon le VDMA. Autre signe positif, la moitié des constructeurs locaux comptent investir cette année pour renforcer leurs capacités de production. Enfin, sauf catastrophe imprévue, les ventes devraient également progresser en 2009, d'environ 5% cette fois.

Publié le 24-07-2008 | Actualités en France et dans le monde

Suite au départ en retraite de Jean-Paul Bugaud, Vincent Schramm, 48 ans, est nommé directeur général du Symop, Syndicat des entreprises de technologies de production, à compter du 1er juillet 2008.

Jean-Paul Bugaud continuera, en tant qu'ingénieur conseil, d'apporter son expertise au Symop dans les domaines de la robotique et du soudage.

Publié le 24-07-2008 | Actualités en France et dans le monde

Jürg Krebser, Responsable de GF AgieCharmilles et membre du Comité Exécutif de Georg Fischer depuis 14 ans abandonnera son poste le 1er août prochain. Michael Hauser, un allemand de 47 ans actuellement responsable de l'Unité Technologie Fraisage et du département Marketing et Support des Ventes, lui succédera et rejoindra également le Comité Exécutif de GF.

Produits nouveaux

Publié le 24-07-2008 | Produits nouveaux

RocTool commercialise désormais son procédé de moulage par induction Cage System en version adaptée à l'injection plastique. Ce dispositif mis au point pour la transformation des matériaux composites, capable de chauffer et de refroidir la surface d'un moule, et seulement la surface, quasi instantanément, ouvre de nouvelles possibilités à l'injection plastique puisqu'il permet de réaliser des pièces de très fines épaisseurs (Roctool annonce avoir réalisé un prototype d'1 mm d'épaisseur dans un matériau où il est normalement difficile de la baisser au-delà de 2.5 mm), de supprimer les lignes de soudure, de réduire les pressions (les premiers clients testeurs ont constaté une baisse des pressions de 30 à 50 %), d'injecter des matériaux qui ne seraient pas injectables par des méthodes classiques. Selon l'industriel, le Cage System est  adapté à l'injection devient une alternative pour la production des pièces automobiles (carrosserie et intérieur), des accessoires d'ordinateurs, de TV, de téléphonie, et de toutes les pièces où la qualité de surface est essentielle.

Publié le 24-07-2008 | Produits nouveaux

Usiner c'est bien, à condition de bien évacuer ses copeaux afin de les retraiter comme il se doit. Et puisque chaque type de machine nécessite un système d'évacuation particulier, l'allemand Kabelschlepp propose plusieurs familles de convoyeurs : des convoyeurs à copeaux, des convoyeurs à bandes à charnières, des convoyeur à raclettes et des convoyeurs à bandes plastiques, standards ou sur mesure.

Ses convoyeurs standard présentent une Inclinaison de 0 à 60°, une largeur de bande de 150 à 900 mm et une largeur hors tout de 225 à 1090 mm. La hauteur du coffret varie de de 140 à 540 mm. Chacun est équipé d'un moto-réducteur d'entraînement à fort couple ajustable et peut être doté d'un système de sécurité en cas de surcharge, d'un container de collecte des liquides de coupe avec pompe ou d'un carénage et d'une protection de la bande d'entraînement. A noter également, l'allemand a mis au point un dispositif de fixation rapide afin de réduire les durées des tâches de maintenance.

Publié le 24-07-2008 | Produits nouveaux

Certaines applications de tournage précis ou sur des pièces déformables ou présentant des parois minces ne peuvent se contenter de serrages par des mors à trois points. Afin de multiplier les points de contact sans changer de mors, l'allemand Schunk propose une solution élégante : des mâchoires pendulaires qui s'installent en lieu et place des mâchoires classiques. Intérêt majeur, avec 6 points de contact contre 3, la précision de circularité est améliorée d'un facteur 17, avance l'allemand.

Composées d'un corps monté sur un pivot et accueillant deux inserts (dont il est possible de choisir la dureté) qui assurent le contact avec la pièce bridée, elles se montent en mode serrage intérieur ou extérieur. En outre, des inserts spécifiques permettent de doubler les points de contacts (pour passer à 12), améliorant encore la précision de cylindricité d'un facteur 17. A noter, Schunk propose également des solutions à 24 points de contact.

A noter également, ces mâchoires pendulaires peuvent se combiner avec d'autres dispositifs de serrage pour s'adapter à des pièces de formes complexes.

Publié le 24-07-2008 | Produits nouveaux

La nouvelle manette indexable (06464...) de Kipp, entièrement en inox, est destinée à des opérations de serrage à effectuer dans des environnements agressifs, dans des applications qui exigent l'absence totale de rouille, ou encore dans le milieu alimentaire. Son contour fermé ne présente aucun angle d'encrassement afin d'en faciliter le nettoyage et la désinfection. Toutes les opérations de serrage sont réalisées simplement à l'aide de la manette sans recours à un autre auxiliaire ni outillage supplémentaire. Un grand choix de modèles est disponible. La manette indexable en inox existe avec filetages ou taraudages M5/6/8/10 et 12.

Vu pour vous

Publié le 24-07-2008 | Vu pour vous

L'i-phone d'Apple fait des émules jusque là où on ne l'attend pas. Dans la machine-outil par exemple. Un rapide coup d'œil sur les gammes de quelques constructeurs suffit à s'en persuader. Chez DMG, premier constructeur d'Europe, les dernières générations de centres d'usinage CTX adoptent des matières, des courbes, des textures qui font sans hésitation penser au téléphone d'Apple. Dans un tout autre domaine, le pliage, le dernier pupitre de commande numérique de presse plieuse de l'italien LVD, baptisé Cadman Touch, simplifie à l'extrême l'interface utilisateur et instaure la commande « au doigt », comme les dernières générations de téléphone et l'i-phone en particulier. Il emploie pour cela une technologie infrarouge combinée à un PC sous windows XP. Et même son nom rappelle certains modèles de téléphones portables, fabriqués par le taiwannais HTC !  

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