Newsletter N°66 - Viser la lune… tu parles !
Viser la lune… tu parles !
Il m’est arrivé un truc extraordinaire et dramatique cette semaine : j’ai rencontré une des idoles de ma jeunesse et, dans la foulée, perdu toutes mes illusions sur un sujet qui m’a toujours fait rêver.
Le type en question, c’est Patrick Baudry, le spationaute. Vous savez, le petit brun qui fait parti de la poignée de Français qui ont eu la chance d’aller faire un tour dans l’espace. Impossible, face à cette icône, de ne pas aborder l’apparente désaffection des gouvernements actuels pour la conquête spatiale. Je me disais : « il va me faire rêver, je vais retrouver mes rêves de gosse, tout ça »… Et bien pas du tout. Particulièrement pragmatique, le spationaute m’a expliqué que, désormais, la reprise des programmes spatiaux n’est plus conditionnée à la passion de quelques dirigeants, à une guerre d’image des pays les plus puissants de la terre, ou encore à la culture de conquête (vous savez, cette fameuse « Frontier tradition ») des Américains. Non. D’après Patrick Baudry, désormais, tout est lié à l’énergie.
Selon lui, la lune n’est pour les dirigeants actuels qu’une carrière, un gigantesque réservoir d’Hélium 3, l’isotope de l’Hélium qui a la bonne idée d’être non radioactif, et dont quelques centaines de tonnes suffiraient à satisfaire les besoins énergétiques (et les exigences des écolos) de la terre entière chaque année. Résultat, les Américains, les Russes et les autres pays riches en pétrole et en gaz préfèrent pour l’instant prospérer de la vente de leurs ressources que d’aller gaspiller du fric à aller dans l’espace… pendant que la Chine, de son côté, qui n’a guère que du charbon pour alimenter ses milliards d’habitants, met toute son énergie (justement) à se rendre en mesure d’aller sur la lune. Pour revenir avec des pelletés de ce fameux Hélium 3 et les enfourner dans des centrales nucléaires.
Ne me demandez pas ce que fait l’Europe. De toute façon, il semblerait que l’on n’ait pas franchement les moyens de s’offrir des vaisseaux spatiaux en ce moment…
En tout cas, voilà comment pourrir le rêve de millions de types comme moi qui imaginions, un jour, aller passer une semaine en vacance sur la lune, pour faire des bons de plusieurs mètres de haut dans notre scaphandre, avant de se poster devant la baie vitrée du bungalow, avec une couverture polaire et un chocolat chaud - parce qu’on se pèle sur la lune, quand même – pour assister au coucher de terre en écoulant « Le beau Danube bleu ». En fait, si on y va un jour sur la lune, ce sera pour être conducteur d’un chargeur ou d’une pelle mécanique pour aller extraire de l’Hélium 3 ! D’abord, je n’ai pas le permis pelleteuse et, en plus, va falloir apprendre le Chinois ! Tu parles d’un rêve !
Je hais les spationautes !!!!
De toute façon, moi, quand je serai grand je serai Bee Gees, ou bien pilote de formule 1…
A dans quinze jours.
Jean-sébastien